In: Net
15 nov 2009Voici l’incroyable reconstitution en 3D de l’amérissage sur l’Hudson de l’Airbus de l’US Airways. Le rendu dramatique est accentué par la bande son des conversations entre le cockpit et le contrôle aérien.
In: Débats
9 nov 2009On fête la chute du mur de Berlin sans bien comprendre ce que cela pouvait signifier de vivre derrière le rideau de fer. Comme si le communisme réel était devenu une virtualité, comme si ce régime n’était pas « si mauvais» . Que pouvait voir un voyageur de l’Ouest en octobre 1989 de l’autre côté ? La première image en arrivant à Berlin Est était la présence sur le quai de militaires, tous les 10 mètres avec des pantalons à pattes d’oie, des bottes en cuir, des pistolets mitrailleurs et des bergers allemands. Une vision glaçante. Puis des dizaines et des dizaines d’uniformes de soldats soviétiques qui n’hésitent pas à vous bousculer d’un coup d’épaule. Et puis ces villes tristes, à peine éclairées, vétustes, avec des quartiers toujours pas reconstruits 40 ans après la fin de la guerre. Dresden en particulier. Et les tramways sans âge dans les rues d’Erfurt.
La RDA c’était aussi des magasins d’alimentation des plus spartiates avec une sorte de jambon, une sorte de fromage, une sorte de yaourt… Pas de temps perdu pourrait-on dire… A moins de posséder des francs, des dollars ou des marks et là vous pouviez accéder aux magasins pour étrangers et acheter des biens aussi précieux que du jus d’orange, du chocolat ou des biscuits. Bien sûr ces magasins étaient aussi accessibles aux dignitaires, il y avait des Allemands de l’Est plus égaux que d’autres…
Un régime policier et militariste, une pénurie des biens de consommations les plus élémentaires, une absence de liberté individuelle, de liberté de la presse, une présence des troupes d’occupation soviétiques et des monuments à la gloire de « l’amitié germano-soviétique» , des mouchards et des agents de la Stasi présents partout pour surveiller la population jusque dans les tramways, des grandes avenues inhumaines à l’image de la Karl Marx Allee… c’était la RDA.
Un échec économique, social, environnemental, voilà la réalité de la RDA. Mais il y a pire, c’était aussi une société raciste comme pouvait en témoigner les Africains francophones croisés dans les bars de l’Alexanderplatz venus étudier dans un « pays frère» . Un échec donc qui pose la question même de la légitimité du communisme aujourd’hui. Le marxisme reste présent dans l’ADN politique français parce que son procès n’a jamais été mené jusqu’à son terme. La chute du mur de Berlin devait être le prélude à l’avènement de la social-démocratie, c’est aujourd’hui une date dénuée d’une partie de son sens du fait de notre propre aveuglement.
In: Débats
30 oct 2009Comme prévu il y a maintenant près de deux mois, le pic de grippe A se rapproche et la mobilisation semble enrayée. Les vaccins manquent et les publics prioritaires rechignent à passer à la piqûre. Après la psychose de septembre, la défiance d’octobre. Fort légitimement un rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale a voulu y voir plus clair et a trouvé porte close, preuve manifeste que tout n’avance pas comme sur des roulettes. Faut-il y voir un mal ? Les Français sont à la fois sceptiques et inquiets, avides de sécurité sanitaire et, en même temps, profondément réticents face à toute initiative de l’Etat trop intrusive dans la vie privée. Mais comme chaque fois l’incrédulité cédera dès que la menace se fera plus précise. D’ici quelques jours un flot de nouveaux convertis à l’intérêt du vaccin devrait se déverser sur le système de santé à mesure que les cas de grippe se multiplieront et que le décompte des victimes s’alourdira. C’est seulement à ce moment là que l’on pourra apprécier la pertinence et l’effectivité des mesures adoptées pour prévenir et combattre le fléau. Or l’expérience montre que si l’Etat est souvent un piètre communicant et un plus mauvais négociateur il est souvent le seul capable de répondre efficacement à une situation de crise. On sera vite fixé maintenant. Nul doute qu’un travail d’observation et d’évaluation de cette crise sanitaire s’impose en temps réel et c’est le Parlement qui doit pouvoir jouer ce rôle pour conjuguer distance et responsabilité dans la démarche.
In: Net
24 oct 2009Apple réplique avec ironie à la sortie de windows 7. Pas sûr en effet que les possesseurs de PC apprécieront de devoir passer plus de deux heures pour pouvoir configurer leur machine… Mais ce qui surprend le plus dans cette affaire, c’est la débauche de moyens mobilisés par chacun des protagonistes pour décrier l’adversaire qui se chiffre en centaines de millions de dollars. Est-ce bien raisonnable ? D’autant que les deux acteurs ne jouent pas dans la même catégorie, à quoi bon en effet comparer Hédiard à Carrefour, Mercedes à Renault, un 3 étoiles à Mc Do ? Le choix est d’abord une question de goût… et de prix. Mais il est vrai que la confrontation permet aussi de renforcer la caricature de l’autre…
Ceci dit, il reste encore à prouver qu’une polémique comme celle-ci a plus d’impact qu’un simple orage. Le résultat de la partielle de demain dans les Yvelines constituera un indicateur précieux.
In: culture
13 oct 2009Des flics qui utilisent des méthodes de voyous mais émotifs, à fleur de peau, généreux. Une hiérarchie absente, incompétente ou carrément hostile. Des méchants ignobles, nuisibles et protégés. Braquo ne fait pas dans la demi-mesure… Pourquoi tant de haine ? Selon le bon principe des meilleures séries US, la continuité dans l’action s’opère à travers une suite de rebondissements, de ruptures de rythme et surtout une accentuation dramatique. Les deux premiers épisodes prennent la forme d’une plongée en enfer, une immersion dans un monde brutal, sans foi ni loi. Il n’y a pas de limite, de morale. La procédure pénale n’existe plus. Tous les verrous ont sauté. Il n’y a plus d’Etat ni de sens commun mais seulement le principe de nécessité. Ces flics sont devenus incontrôlables. Pour le responsable politique, ces héros sont un cauchemar.
Jack Bauer utilise des méthodes proches mais sans haine et toujours avec pour souci de protéger la société. Les héros de Braquo poursuivent des vandettas, règlent des comptes, sont à la dérive… Comme un parfum de Scarface en somme avec un soupçon de Heat pour le duel Pacino/De Niro. La référence est élogieuse mais méritée. Les acteurs sont bons et notamment Anglade, les plans intimistes, les dialogues crédibles et les décors sont soignés. Il y a aussi cette lumière et cette musique. Braquo est d’abord une série nocturne et inquiétante, une ambiance en somme, malsaine à souhait. On s’attend au pire pour la semaine prochaine et c’est pour cela qu’on attend avec plaisir et un soupçon d’inquiétude la suite des événements… Cela ne peut pas bien finir, c’est la seule certitude.
In: Europe
4 oct 2009La victoire du oui en Irlande a été suivie d’un large soulagement dans les capitales européennes puis de nombreuses déclarations selon lesquelles cet épisode mettait un terme au débat institutionnel et ouvrait l’ère d’une Europe plus proche des citoyens. Certes. Pourtant ce nouveau référendum irlandais laissera des traces. Que signifie aujourd’hui le mot de démocratie en Europe lorsque le vote populaire peut être contourné soit par un vote du Parlement comme en France soit par un nouveau vote populaire contraint et forcé ? A l’opposé que reste-t-il de l’esprit européen lorsque ce vote irlandais est acquis en contradiction avec les valeurs européennes sur la solidarité (dumping fiscal irlandais maintenu), la liberté des femmes (IVG) ou même le destin commun (neutralité de l’Irlande) ?
Le référendum irlandais va sans doute permettre d’adopter le traité de Lisbonne et c’est heureux mais il signe aussi l’acte de décès d’une certaine Europe politique. Depuis 18 mois, tous les principes de Bruxelles sur la concurrence, la discipline budgétaire, les aides d’Etat ont été « suspendus» pour cause de crise financière et économique pour permettre aux Etats de reprendre la main. C’est une autre façon de reconnaître que l’application stricte des principes européens aurait renforcé la crise.
Sur le plan politique, force est de reconnaître que le parlement européen est toujours aussi inaudible. Qui connaît son action ou même le nom de son député européen quelques mois seulement après les élections européennes ? Hormis les Franciliens qui peuvent retrouver les aventures de Rachida dans les pages glacées des magazines, il faut bien convenir que le parlement européen n’est pas une véritable assemblée politique pour la simple raison que les journalistes ne rendent pas compte de son action.
Il reste donc le vrai apport de la réforme institutionnelle qui consistera dans la désignation d’un président du Conseil et d’un ministre des affaires étrangères (qui ne devrait d’ailleurs pas en avoir le titre), deux fonctions qui dépendront étroitement de la personnalité de leurs titulaires. Il reste à espérer que le choix se portera sur des responsables politiques charismatiques et légitimes.
In: Débats
2 oct 2009Quel beau succès pour le Brésil, son peuple et son président. En matière d’attributions des jeux olympiques, les succès comme les défaites sont collectifs. C’est donc aussi un revers pour les Etats-Unis, pour la superbe Chicago et l’emblématique couple Obama. C’était le tour du Brésil, ce n’est plus le moment des Etats-Unis. Fauteurs de guerres, fauteurs de crises, il faudra plus que le charisme d’un président pour remettre la partie de l’Uncle Sam à la mode.
C’est à la fois satisfaisant et inquiétant, les Etats-Unis ne font plus rêver. C’est une très bonne nouvelle, le Brésil va nous envoûter ! La victoire de Lula est aussi une bonne nouvelle pour la France qui a fait le pari d’un partenariat stratégique avec Brasilia. Notre diplomatie a-t-elle été mobilisée pour faire perdre Chicago comme elle avait été décisive pour faire chuter Bush au Conseil de sécurité de l’ONU en 2003 ? La discrétion qui est de mise aujourd’hui sur ce chapitre est de bon goût. Les Américains ne sont pas des adversaires et si concurrence il y a, elle se doit d’être loyale et « amicale» .
GLOBO (IN). loc. adv. lat.
En masse, sans examiner les détails.
Il faut prendre les choses in globo.
In globo, cela fait tant.
(Complément du Dictionnaire de l'Académie)