In: Grand Paris
25 nov 2008En arrière fond du règlement de comptes au PS, une autre bataille se prépare qui concerne l’avenir de Paris et de la région Île-de-France. Le maire de Paris de retour à l’Hôtel de Ville vient d’avaliser la création d’un syndicat d’études dénommé Paris Métropole. Cette initiative est l’aboutissement d’une démarche lancée par le maire de Paris depuis de longs mois afin de rétablir le dialogue entre la capitale et sa banlieue. Initiative utile donc. Mais initiative insuffisante également compte tenu des enjeux et des échéances qui se présentent. Avec le débat lancé par le chef de l’Etat sur la réforme des collectivités territoriales, c’est l’architecture même de l’Île-de-France qu’il convient de remettre à plat en commençant par les compétences des différents niveaux de collectivités territoriales.
Dans une tribune publiée dans Le Monde, Valérie Pecresse propose quant à elle de renforcer le rôle de la région qui deviendrait la véritable puissance métropolitaine :
Tout serait plus simple si nous partions de l’hypothèse que le Grand Paris n’est autre que la région Ile-de-France. Une région dont les compétences seraient clarifiées et exclusives tant en matière de développement économique que de transports, de formation et d’éducation. Une région qui s’inspirerait pour définir son rôle de compétences dévolues à ses voisins européens.
Une région dont les élus ne seraient plus fragilisés au plan démocratique par le recours au soutien de liste qui les éloigne de leurs concitoyens. Une région personne morale devant l’impôt dans laquelle huit départements se rassembleraient pour décider ensemble de l’aménagement d’un territoire qu’ils ont en partage et dont la cohérence vient de la diversité même. Une région, échelon naturel d’efficacité, d’équité et d’identité, dont le développement serait multipolaire et équilibré, permettant de rationaliser les déplacements, de développer l’emploi de proximité, d’assurer la sécurité et de mieux répartir la prospérité.
Le projet proposé est assez révolutionnaire puisqu’il reviendrait, notamment, à remettre en cause la clause de compétence générale de certaines collectivités, d’adopter un nouveau mode de scrutin favorisant le lien direct avec les citoyens et à permettre à la région d’intervenir dans de nouveaux champs d’action comme la sécurité. L’ambition est sans nul doute davantage en ligne avec le projet du président de la République qu’un simple syndicat d’études aux contours discontinus qui n’apportera aucune simplification ni aucune institutionnalisation du fait métropolitain.
GLOBO (IN). loc. adv. lat.
En masse, sans examiner les détails.
Il faut prendre les choses in globo.
In globo, cela fait tant.
(Complément du Dictionnaire de l'Académie)