Braquo, un polar définitivement incorrect

In: culture

13 oct 2009

Des flics qui utilisent des méthodes de voyous mais émotifs, à fleur de peau, généreux. Une hiérarchie absente, incompétente ou carrément hostile. Des méchants ignobles, nuisibles et protégés. Braquo ne fait pas dans la demi-mesure… Pourquoi tant de haine ? Selon le bon principe des meilleures séries US, la continuité dans l’action s’opère à travers une suite de rebondissements, de ruptures de rythme et surtout une accentuation dramatique. Les deux premiers épisodes prennent la forme d’une plongée en enfer, une immersion dans un monde brutal, sans foi ni loi. Il n’y a pas de limite, de morale. La procédure pénale n’existe plus. Tous les verrous ont sauté. Il n’y a plus d’Etat ni de sens commun mais seulement le principe de nécessité. Ces flics sont devenus incontrôlables. Pour le responsable politique, ces héros sont un cauchemar.

Jack Bauer utilise des méthodes proches mais sans haine et toujours avec pour souci de protéger la société. Les héros de Braquo poursuivent des vandettas, règlent des comptes, sont à la dérive… Comme un parfum de Scarface en somme avec un soupçon de Heat pour le duel Pacino/De Niro. La référence est élogieuse mais méritée. Les acteurs sont bons et notamment Anglade, les plans intimistes, les dialogues crédibles et les décors sont soignés. Il y a aussi cette lumière et cette musique. Braquo est d’abord une série nocturne et inquiétante, une ambiance en somme, malsaine à souhait. On s’attend au pire pour la semaine prochaine et c’est pour cela qu’on attend avec plaisir et un soupçon d’inquiétude la suite des événements… Cela ne peut pas bien finir, c’est la seule certitude.

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GLOBO (IN). loc. adv. lat.
En masse, sans examiner les détails.
Il faut prendre les choses in globo.
In globo, cela fait tant.
(Complément du Dictionnaire de l'Académie)

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