C’était la RDA…

In: Débats

9 nov 2009

On fête la chute du mur de Berlin sans bien comprendre ce que cela pouvait signifier de vivre derrière le rideau de fer. Comme si le communisme réel était devenu une virtualité, comme si ce régime n’était pas « si mauvais» . Que pouvait voir un voyageur de l’Ouest en octobre 1989 de l’autre côté ? La première image en arrivant à Berlin Est était la présence sur le quai de militaires, tous les 10 mètres avec des pantalons à pattes d’oie, des bottes en cuir, des pistolets mitrailleurs et des bergers allemands. Une vision glaçante. Puis des dizaines et des dizaines d’uniformes de soldats soviétiques qui n’hésitent pas à vous bousculer d’un coup d’épaule. Et puis ces villes tristes, à peine éclairées, vétustes, avec des quartiers toujours pas reconstruits 40 ans après la fin de la guerre. Dresden en particulier. Et les tramways sans âge dans les rues d’Erfurt.

La RDA c’était aussi des magasins d’alimentation des plus spartiates avec une sorte de jambon, une sorte de fromage, une sorte de yaourt… Pas de temps perdu pourrait-on dire… A moins de posséder des francs, des dollars ou des marks et là vous pouviez accéder aux magasins pour étrangers et acheter des biens aussi précieux que du jus d’orange, du chocolat ou des biscuits. Bien sûr ces magasins étaient aussi accessibles aux dignitaires, il y avait des Allemands de l’Est plus égaux que d’autres…

Un régime policier et militariste, une pénurie des biens de consommations les plus élémentaires, une absence de liberté individuelle, de liberté de la presse, une présence des troupes d’occupation soviétiques et des monuments à la gloire de « l’amitié germano-soviétique» , des mouchards et des agents de la Stasi présents partout pour surveiller la population jusque dans les tramways, des grandes avenues inhumaines à l’image de la Karl Marx Allee… c’était la RDA.

Un échec économique, social, environnemental, voilà la réalité de la RDA. Mais il y a pire, c’était aussi une société raciste comme pouvait en témoigner les Africains francophones croisés dans les bars de l’Alexanderplatz venus étudier dans un « pays frère» . Un échec donc qui pose la question même de la légitimité du communisme aujourd’hui. Le marxisme reste présent dans l’ADN politique français parce que son procès n’a jamais été mené jusqu’à son terme. La chute du mur de Berlin devait être le prélude à l’avènement de la social-démocratie, c’est aujourd’hui une date dénuée d’une partie de son sens du fait de notre propre aveuglement.

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GLOBO (IN). loc. adv. lat.
En masse, sans examiner les détails.
Il faut prendre les choses in globo.
In globo, cela fait tant.
(Complément du Dictionnaire de l'Académie)

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